Les travaux de gros œuvre représentent la base structurelle d’un bâtiment. Ils incluent l’ensemble des opérations nécessaires pour assurer la solidité et la stabilité de l’ouvrage. Ces travaux concernent notamment les fondations, les murs porteurs, la dalle, la toiture et parfois les planchers intermédiaires. Le coût de ces interventions varie en fonction de nombreux paramètres, dont la nature du sol, la surface du bâtiment, la complexité de l’architecture ou encore le choix des matériaux. L’estimation budgétaire s’avère indispensable avant d’entamer une construction ou une rénovation lourde.
Les fondations assurent la stabilité de l’ensemble de la construction. Leur coût dépend principalement de la nature du terrain et de la profondeur nécessaire. Sur un sol stable, une fondation superficielle revient en moyenne entre 80 et 150 €/m². En présence d’un sol argileux ou instable, il faut recourir à des fondations profondes ou spéciales, ce qui peut porter le coût à 200 à 300 €/m², voire plus dans les cas complexes.
Le soubassement peut être de type hérisson, vide sanitaire ou sous-sol. Le hérisson est le plus économique, avec un prix moyen de 60 à 90 €/m². Le vide sanitaire, qui permet une meilleure isolation, est généralement compris entre 100 et 150 €/m². Le sous-sol, plus coûteux, entraîne un surcoût notable, allant de 300 à 600 €/m² en fonction de la profondeur et des matériaux utilisés.
Les murs porteurs supportent les charges de la toiture et des étages. Les matériaux les plus courants sont le parpaing, la brique et le béton banché. Le parpaing reste le plus répandu, avec un coût moyen de 50 à 70 €/m² de mur. La brique monomur, prisée pour ses performances thermiques, revient à 80 à 120 €/m². Le béton banché, utilisé pour les constructions à haute performance structurelle, atteint 100 à 150 €/m².
La charpente constitue l’ossature du toit. Une charpente traditionnelle en bois coûte en moyenne entre 80 et 120 €/m². Les charpentes industrielles (en fermettes) sont plus économiques, entre 50 et 90 €/m². Les charpentes métalliques, bien que moins courantes pour les maisons individuelles, peuvent s’imposer pour des bâtiments agricoles ou industriels, avec un prix situé autour de 100 à 150 €/m².
Le coût de la toiture dépend du matériau de couverture (tuiles, ardoises, zinc, etc.) et de la complexité de la pose. Une couverture en tuiles mécaniques se situe autour de 60 à 90 €/m², tandis que les tuiles plates atteignent 90 à 140 €/m². L’ardoise naturelle peut dépasser les 150 €/m². La toiture en zinc, souvent utilisée pour les bâtiments contemporains, varie entre 100 et 180 €/m².
Les planchers bas ou intermédiaires peuvent être coulés en béton ou constitués d’éléments préfabriqués (planchers poutrelles-hourdis). Leur coût oscille entre 80 et 150 €/m², selon le système choisi et la portée à couvrir. Le plancher collaborant, utilisé dans les constructions métalliques, représente une alternative à environ 100 à 130 €/m².
Le terrassement prépare le terrain à recevoir la construction. Il comprend le décapage de la terre végétale, le nivellement et parfois l’évacuation des déblais. Son coût dépend de la topographie du terrain et de la nature du sol. En moyenne, le tarif se situe entre 25 et 60 €/m³ de terre déplacée.
Sur un terrain difficile d’accès, il faut aménager une voie temporaire pour les engins et les camions. Ce poste est souvent négligé dans les estimations, mais il peut représenter 1 000 à 5 000 € selon la configuration des lieux.
Dans le cas d’un terrain en pente ou situé en zone instable, un mur de soutènement est parfois nécessaire pour retenir les terres. Le prix dépend de la hauteur, de l’épaisseur et du type de matériau utilisé. Un mur en béton armé de 2 mètres de hauteur coûte environ 300 à 500 €/mètre linéaire.
Un drainage efficace autour des fondations évite les remontées d’humidité. Ce système comprend un drain, un géotextile, du gravier et une pompe de relevage si nécessaire. Le coût global du drainage oscille entre 80 et 150 €/mètre linéaire.
En moyenne, le budget consacré au gros œuvre représente 40 à 50 % du coût total de la construction. Pour une maison individuelle standard, le montant se situe entre 800 et 1 200 €/m² de surface habitable. Par exemple, pour une maison de 120 m², il faut prévoir entre 96 000 et 144 000 € pour le gros œuvre seul. Ce chiffre peut évoluer selon la localisation, le choix des entreprises et les caractéristiques spécifiques du projet.
Une étude de sol préalable, un chiffrage détaillé par corps d’état et la consultation de plusieurs entreprises spécialisées permettent de limiter les écarts entre estimation et réalité. Des écarts de prix importants peuvent exister entre zones rurales et grandes agglomérations, ou selon la tension sur le marché de la construction.